La délicate rencontre entre la terre et la mer

Les zones côtières à moins de 80 km de la mer accueillent les 2/3 de la population mondiale et la plupart des grandes métropoles sont situées sur le littoral. En France, plus de 6 millions de personnes résident dans les communes littorales, soit 10% de la population et une densité de 315 habitants par km², trois fois supérieure à la moyenne nationale.
Les terres agricoles ne représentent qu’à peine plus de 40% du territoire des communes littorales.
Pour pallier cette situation, le conservatoire national du littoral protège 120 000 hectares et 600 sites naturels (au 1er octobre 2008).
La France compte 2 parcs nationaux (Guadeloupe et Port Cros), un parc naturel marin (Iroise). 22 % des réserves naturelles de France sont situées sur le littoral.
Les zones littorales sont directement concernées par les effets du changement climatique en particulier du relèvement du niveau de la mer. 24 % du littoral métropolitain naturel recule du fait de l’érosion. L’Outre-mer avec notamment ses atolls et ses lagons est directement exposé à la montée du niveau des mers.
Les zones côtières subissent de fortes pressions dûes :
aux activités professionnelles de pêche (maritime et estuarienne). En France, plus de 80 % des navires de pêche français sont armés à la petite pêche ou à la pêche côtière et fréquentent donc la bande côtière. Leurs captures représentent 25 à 30 % du total des captures françaises en tonnage. Ces activités participent largement à l’aménagement de toutes les zones côtières françaises.
aux activités de cultures marines (pisciculture, conchyliculture)
à la pêche de loisir (à pied ou embarquée)
à la navigation commerciale ou de plaisance
à la pose et présence de câbles sous marins (télécommunication, énergie)
aux extraction de matériaux, clapage de déblais de dragage
aux productions d’énergie (en mer et sur le littoral)
aux activités portuaires (disponibilité en espaces portuaires pour des développements)
aux réseaux de transports en particulier vers l’intérieur des terres
au tourisme (le littoral est la première destination touristique française, le tourisme représente 44 % de la valeur ajoutée de l’économie maritime, 466 ports de plaisance, plus de 800 000 bateaux immatriculés)
à l’urbanisation pour répondre aux besoins de logement et de développement touristique
aux activités et problématiques particulières aux îles notamment en Outre-mer (continuité territoriale, gestion des déchets, avenir des activités primaires, approvisionnement notamment en eau douce, impact du tourisme...).
80% de la pollution de la mer vient de la terre
Sur les 20% de pollutions par hydrocarbures d’origine marine, le dixième est consécutif aux activités humaines (dont les accidents), le reste est d’origine naturelle . Toute pollution, même faible, peut ruiner en un temps très bref le bénéfice d’années de protection des espaces ou d’efforts de maîtrise des pollutions. Les eaux territoriales françaises subissent de l’ordre de 300 pollutions « opérationnelles » (dégazages) par an. De nouvelles pollutions par produits chimiques sont constatées notamment à la suite de la perte de conteneurs en mer.
Les ports (commerce, pêche, plaisance) lieux clés pour le développement économique sont des sources potentielles de risques industriels ou de pollution.
Le littoral et la mer proche ne sont pas seulement affectés par les pollutions issues directement des ports ou des activités littorales (une étude récente a montré que 90% du flux polluant de la Seine venait de l’amont). Les macro-déchets constituent une pollution plus visible que l’accumulation insidieuse mais pourtant réelle de certains polluants (métaux lourds, divers hydrocarbures) qui atteste de pollutions importantes dans les milieux.
Elles affectent ainsi notamment les espèces animales et portent atteinte à la biodiversité mais également touchent l’homme via la chaîne alimentaire. La gestion et le traitement des pollutions issues des rejets diffus ou des sédiments restent par nature difficiles à traiter même longtemps après la disparition de la cause.
La rencontre de la mer et du littoral est également source de risques naturels en particulier en Outre-mer (Tsunamis, exposition aux tempêtes).
Les enjeux
renforcer la connaissance et la surveillance des écosystèmes du littoral et de la mer
identifier des pistes pour préserver la qualité des milieux marins et littoraux (restauration/protection de la biodiversité ; réduction des pollutions de diverses origines, de gestion des déchets liés aux activités terrestres et maritimes),
assurer une meilleure intégration de la dimension marine dans les politiques territoriales du littoral ;
définir les orientations stratégiques de développement des activités maritimes soutenables dans les espaces côtiers
imaginer un aménagement durable du littoral prenant en compte ses différentes fonctions (logement, activités économiques traditionnelles et nouvelles, espaces naturels, maîtrise du foncier, transports, conditions d’une plus grande accessibilité au littoral et à la mer).
appréhender les risques naturels et technologiques en lien avec les conséquences des changements climatiques et veiller à leur prise en compte dans la planification spatiale du littoral.
assurer le développement d’une économie durable dans les zones littorales, source d’emplois permanents.
Crédits photo : Laurent Mignaux


Les thèmes

