Entre menaces et potentiels, une mer fragile et promesse d’avenir

Les mers et les océans peuvent offrir à la planète des solutions nouvelles et des ressources d’avenir : sources nouvelles d’énergies renouvelables, réponses aux besoins alimentaires, richesse de la biodiversité, solution pour le développement du commerce mondial, ressources pour la recherche médicale... Et le potentiel qu’offre la mer est encore largement méconnu. Seules 274 000 espèces marines ont été recensées sur les 10 à 100 millions estimées !
Mais sous l’effet des activités humaines, leurs qualités essentielles sont menacées. Raréfaction des ressources marines, acidification des eaux, disparition de la biodiversité, montée du niveau moyen des mers, fonte des glaces…ces phénomènes sont maintenant identifiés.
Ainsi le trafic maritime qui a été quasi multiplié par 5 depuis 1970 doit pouvoir continuer de croître compte tenu des qualités environnementales de ce mode de transport. Pour autant, cette augmentation du trafic maritime, du nombre et de la taille des navires sur les mers se traduira si rien n’est fait, par une augmentation mécanique d’impacts sur le milieu (aménagements portuaires, production de gaz à effets de serre, pollutions « opérationnelles » ou accidentelles). Ce développement de navires sûrs, propres et économes est une opportunité intéressante pour la construction navale.
Entre potentiel et menace
Les ressources halieutiques : les mers et océans fournissent chaque année environ 85 millions de tonnes de protéines pour l’alimentation humaine et dans une moindre mesure, animale. Cette capacité est menacée car, selon la FAO, 28% des stocks mondiaux sont surexploités ou épuisés. 52% connaissent un niveau d’exploitation proche du maximum soutenable ; les 20% des réserves halieutiques restantes étant exploitées en dessous de leur potentiel. Au niveau international, le défi est de parvenir d’ici 2015, à l’exploitation maximale soutenable pour l’ensemble des stocks, ce qui impliquera une réduction des niveaux d’exploitation pour les stocks aujourd’hui surexploités.
L’aquaculture (pisciculture, conchyliculture, algoculture) est d’ores et déjà un complément important à la pêche. Pour la première fois en 2006, la production aquacole mondiale a atteint avec 52 millions de tonnes la moitié de la production des pêches. La production des algues représente 25% de la production mondiale de l’aquaculture. L’aquaculture exige une qualité optimale des eaux et de bonnes pratiques environnementales (notamment dans la gestion des pêches minotières). Il n’existe pas aujourd’hui de régulation internationale de l’aquaculture.
Les ressources biologiques marines offrent en dehors des débouchés alimentaires un potentiel important de développement à l’agriculture, la cosmétique, l’industrie de l’environnement –traitement des eaux-, l’énergie (algocarburant par exemple). Dans cette perspective, des expériences ont été lancées récemment pour favoriser la création de phytoplancton à l’échelle de grandes zones océaniques. Elles méritent sans doute d’être maîtrisées et encadrées à l’échelle internationale.
Les ressources minérales seraient considérables en mer : minerais, pétrole (estimées à 100 milliards de barils) et gaz notamment dans l’océan Arctique. Ces ressources dont l’exploitation devient envisageable avec les progrès technologiques, font l’objet de convoitises qui pourraient se traduire par des tensions internationales et des impacts environnementaux dommageables.
Les ressources énergétiques : l’énergie marine éolienne est déjà répandue dans le monde. Les estimations indiquent que la côte Ouest de l’Europe offre à elle seule une production potentielle de 740 TWh par an soit environ 1,4 fois la production française d’électricité en 2007. Outre-mer l’énergie marine offre des perspectives d’autosuffisance énergétique en particulier celle tirée de la houle et des courants marins (hydroliennes) ou des différences de température liées à la profondeur.
Les enjeux
améliorer la connaissance de la mer et de son potentiel, mesurer la dégradation de l’environnement marin
favoriser et valoriser la recherche et l’innovation marine et maritime
préserver et valoriser les potentialités de la mer en particulier l’énergie des mers, les ressources minières et biologiques
proposer des solutions pour enrayer la dégradation des habitats marins et la perte de la biodiversité marine
s’adapter aux évolutions pressenties en matière de grands équilibres de la planète, de réchauffement climatique, de développement économique, de démographie
encourager les entreprises à investir dans les activités et matériels du futur qui soient innovants, respectueux de l’environnement marin ou encore réduisant la dépendance énergétique des activités maritimes
mieux assurer la cohabitation entre les activités de pêche maritime et les objectifs de protection de la biodiversité et des habitats, et promouvoir le développement d’une pêche durable et responsable
faire en sorte que la mer se transforme en réel atout pour le développement de l’Outre-mer.
Crédits photo : Laurent Mignaux



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